{"id":1228,"date":"2017-12-14T08:40:36","date_gmt":"2017-12-14T07:40:36","guid":{"rendered":"http:\/\/kbnl.ch\/?p=1228"},"modified":"2017-12-14T08:47:33","modified_gmt":"2017-12-14T07:47:33","slug":"bergahornweiden-im-alpenraum-kulturrelikt-und-hotspot-der-biodiversitaet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/2017\/12\/14\/bergahornweiden-im-alpenraum-kulturrelikt-und-hotspot-der-biodiversitaet\/","title":{"rendered":"P\u00e2turages \u00e0 sycomores: Vestiges culturels et sanctuaires de biodiversit\u00e9 alpestres"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les p\u00e2turages bois\u00e9s \u00e0 \u00e9rables sycomores\u00a0<\/strong><strong>sont une forme de paysage rural\u00a0<\/strong><strong>alpestre \u00e0 laquelle la protection de la\u00a0<\/strong><strong>nature et du paysage n\u2019a encore gu\u00e8re<\/strong><br \/>\n<strong>pr\u00eat\u00e9 attention. De fait, leur surface diminue\u00a0<\/strong><strong>comme peau de chagrin. Les sycomores\u00a0<\/strong><strong>en question, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement\u00a0<\/strong><strong>de vieux arbres majestueux,\u00a0<\/strong><strong>abritent une grande vari\u00e9t\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces\u00a0<\/strong><strong>de mousses et de lichens parmi lesquelles\u00a0<\/strong><strong>figurent de nombreuses esp\u00e8ces\u00a0<\/strong><strong>menac\u00e9es. Pour que les derniers p\u00e2turages\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 sycomores et leur bioc\u00e9nose typique\u00a0<\/strong><strong>ne disparaissent pas, il faut lancer\u00a0<\/strong><strong>des projets de conservation concrets.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Introduction<\/strong><br \/>\nAu si\u00e8cle dernier, les paysages de Suisse ont \u00e9norm\u00e9ment chang\u00e9 (Ewald et Klaus, 2009), en particulier les paysages ruraux traditionnels qui demeurent sous pression.<br \/>\nLa disparition des diff\u00e9rents paysages ruraux va g\u00e9n\u00e9ralement de pair avec une perte en termes de diversit\u00e9 des esp\u00e8ces et de qualit\u00e9 du paysage. On peut le constater ais\u00e9ment sur le Plateau suisse, mais les paysages ruraux traditionnels se rar\u00e9fient aussi dans les Alpes. On observe deux tendances: les parcelles dont l\u2019acc\u00e8s est facile sont exploit\u00e9es plus intensivement et celles qui sont plus isol\u00e9es ou plus pentues ne sont plus exploit\u00e9e (Baur et al., 2007). La for\u00eat y reprend alors ses droits et s\u2019\u00e9tend. Ces deux processus conduisent \u00e0 la disparation d\u2019\u00e9l\u00e9ments traditionnels du paysage rural et, par-l\u00e0, \u00e0 la perte de surfaces d\u2019une grande valeur \u00e9cologique et de leur biodiversit\u00e9 typique. Les p\u00e2turages bois\u00e9s \u00e0 \u00e9rables sycomores, qui ne recouvrent plus qu\u2019une petite surface, sont une forme de paysage rural traditionnel typique du nord de l\u2019arc alpin (fig. 1). Ces paysages ruraux \u00e0 l\u2019allure de parc ne sont pas des paysages alpestres communs et, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, on ne savait pas grand-chose de leur origine, de leur exploitation et de leur biodiversit\u00e9. \u00c0 vrai dire, ils n\u2019\u00e9taient m\u00eame pas per\u00e7us comme un paysage rural \u00e0 part enti\u00e8re. Une \u00e9tude comportant interviews, recherches bibliographiques et recensement d\u00e9taill\u00e9 des mousses, des lichens et des plantes phan\u00e9rogames effectu\u00e9 sur des p\u00e2turages \u00e0 sycomores dans six vall\u00e9es alpines de Suisse, d\u2019Autriche et d\u2019Allemagne a toutefois permis de faire un bond en avant dans la connaissance de ce type de paysage rural traditionnel. Les r\u00e9sultats de ces recherches seront publi\u00e9s dans un ouvrage \u00e9dit\u00e9 par la fondation Bristol-Stiftung (Kiebacher et al., 2018) et sont bri\u00e8vement pr\u00e9sent\u00e9s ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1230\" aria-describedby=\"caption-attachment-1230\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1230\" src=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher-300x225.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher-768x576.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher-24x18.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher-36x27.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb1_TKiebacher-48x36.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1230\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1: P\u00e2turage \u00e0 sycomores typique dans la vall\u00e9e de Reichenbach, Oberland bernois<br \/>(photo: Thomas Kiebacher).<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong> Aire de r\u00e9partition des p\u00e2turages \u00e0 sycomores<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019aire de r\u00e9partition principale des p\u00e2turages \u00e0 sycomores se situe dans les r\u00e9gions fra\u00eeches et pluvieuses du nord des Alpes. L\u2019\u00e9rable sycomore est certes pr\u00e9sent dans d\u2019autres r\u00e9gions de l\u2019arc alpin, mais les p\u00e2turages bois\u00e9s \u00e0 sycomores y sont rares et tr\u00e8s peu \u00e9tendus (par ex. dans la Vall\u00e9e d\u2019Aoste). Les plus grands p\u00e2turages \u00e0 sycomores se trouvent au nord des Alpes centrales, entre le canton de Fribourg et Salzbourg. En Suisse, les plus beaux sont situ\u00e9s dans l\u2019Oberland bernois. Certains de ces p\u00e2turages sont encore assez \u00e9tendus et rec\u00e8lent quelques arbres centenaires, notamment dans le Diemtigtal, \u00e0 Grindelwald, dans la vall\u00e9e de Reichenbach, sur l\u2019alpage d\u2019Axalp ou sur le Beatenberg. On trouve \u00e9galement des p\u00e2turages \u00e0 sycomores assez vastes dans le canton de Glaris, dans le Pr\u00e4ttigau (Grisons), dans le massif des Karwendel et dans les Alpes de Kitzb\u00fchl (Tyrol du Nord), ainsi que dans les districts de Pinzgau et de Pongau \u00e0 Salzbourg. Le plus grand et le plus imposant des p\u00e2turages \u00e0 sycomores est celui de Grosser Ahornboden dans le massif des Karwendel: plus de 2400 \u00e9rables sycomores sur une surface de 240 ha (Sonntag et Straubinger, 2014). Hors du p\u00e9rim\u00e8tre alpin, des p\u00e2turages \u00e0 sycomores sont signal\u00e9s en Auvergne et dans le Jura, plus particuli\u00e8rement sur le Chasseral o\u00f9 se trouve un p\u00e2turage avec de vieux arbres.<\/p>\n<p><strong>Culture et exploitation<\/strong><br \/>\nL\u2019origine des p\u00e2turages \u00e0 sycomores est obscure. Il semblerait qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un vestige de for\u00eats p\u00e2tur\u00e9es dont les \u00e9rables sycomores ont \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s lors du d\u00e9boisement, alors qu\u2019une partie des jeunes pousses n\u2019\u00e9taient pas \u00e9corc\u00e9es. La raison tient vraisemblablement au fait que l\u2019\u00e9rable sycomore peut \u00eatre exploit\u00e9 de multiples fa\u00e7ons. Riches en nutriments et tr\u00e8s friables, ses feuilles fournissaient une liti\u00e8re appr\u00e9ci\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9table. Cette liti\u00e8re de feuilles rev\u00eatait une importance \u00e9conomique en cas de p\u00e9nurie de liti\u00e8re, comme la Suisse en a connu au 19e si\u00e8cle. Ainsi chaque \u00e9rable sycomore des alpages de la vall\u00e9e de Reichenbach \u00e9tait-il mis aux ench\u00e8res annuellement et le paysan qui remportait la mise avait le droit d\u2019utiliser le feuillage de l\u2019arbre, notamment comme fourrage. Mais il y avait des r\u00e8gles, comme l\u2019interdiction d\u2019\u00e9monder les \u00e9rables sur l\u2019alpage de Grosser Ahornboden, au profit d\u2019un effeuillage d\u00e9licat des branches. Il va de\u00a0 soi que le bois \u00e9tait aussi utilis\u00e9: comme bois de feu, comme bois d\u2019\u00e9b\u00e9nisterie ou pour la fabrication d\u2019ustensiles de cuisine tels que bols, assiettes ou louches. Il servait aussi \u00e0 fabriquer des ustensiles de fromagerie car, \u00e9tant beaucoup moins poreux que le bois de fr\u00eane par exemple, le bois d\u2019\u00e9rable est aussi plus hygi\u00e9nique. Aujourd\u2019hui, les \u00e9rables sycomores ne sont pratiquement plus exploit\u00e9s et l\u2019on ne trouve plus que quelques jeunes arbres sur ces p\u00e2turages. Le b\u00e9tail y trouve toutefois encore un abri contre la chaleur et les intemp\u00e9ries. Les sp\u00e9cimens les plus anciens et les plus majestueux sont aussi appr\u00e9ci\u00e9s en tant qu\u2019\u00e9l\u00e9ments paysagers par la population locale et, de plus en plus, par les touristes. Ils repr\u00e9sentent aussi un int\u00e9r\u00eat pour les loisirs de proximit\u00e9 et, de fait, un sentier de la d\u00e9couverte de l\u2019\u00e9rable sycomore a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 dans la vall\u00e9e de Reichenbach (Liebacher et Hofmann, 2015).<\/p>\n<p><strong>Biodiversit\u00e9<\/strong><br \/>\nLes p\u00e2turages \u00e0 sycomores de l\u2019arc alpin ne pr\u00e9sentent pas qu\u2019un int\u00e9r\u00eat culturel et esth\u00e9tique; ce sont aussi des sanctuaires de biodiversit\u00e9 pour les lichens et\u00a0les mousses arboricoles (fig. 2). En effet, sur les 90 arbres examin\u00e9s, pas moins de 176 esp\u00e8ces de mousses et 232 esp\u00e8ces de lichens ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es, dont 51 esp\u00e8ces sur Liste rouge (Schnyder et al., 2004; Scheidegger et al., 2002). Un arbre abrite en moyenne 73 esp\u00e8ces de mousses et de lichens, le maximum r\u00e9pertori\u00e9 sur un seul sp\u00e9cimen \u00e9tant de 108 esp\u00e8ces. \u00c9tonnamment, quelque 130 plantes vasculaires y ont aussi \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es, poussant dans le creux de grandes fourches o\u00f9 de la terre s\u2019\u00e9tait accumul\u00e9e, ou entre les \u00e9pais tapis de mousses.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1229\" aria-describedby=\"caption-attachment-1229\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1229\" src=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df-918x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"558\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df-918x1024.jpg 918w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df-269x300.jpg 269w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df-768x857.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df-22x24.jpg 22w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df-32x36.jpg 32w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb.2_df-43x48.jpg 43w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1229\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2: Nombre d\u2019esp\u00e8ces des organismes \u00e9tudi\u00e9s sur 90 \u00e9rables sycomores au nord des Alpes. La part<br \/> des esp\u00e8ces qui poussent exclusivement sur l\u2019\u00e9corce d\u2019arbres vivants (<em>\u00e9piphytes obligatoires<\/em>) est en gris\u00e9. C\u2019est probablement \u00e0 la faveur d\u2019un climat assez humide que de nombreuses esp\u00e8ces privil\u00e9giant<br \/> en principe d\u2019autres substrats (<em>\u00e9piphytes facultatives<\/em>, en blanc) colonisent aussi les \u00e9rables sycomores.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Lors de ce recensement, la couronne des arbres a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e \u00e0 la recherche de mousses et de lichens (fig. 3), ce qui n\u2019avait encore jamais \u00e9t\u00e9 fait en Suisse. Cela a permis de montrer que la couronne constitue un habitat tr\u00e8s important pour ces organismes, en particulier pour les lichens dont de nombreuses esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9es uniquement dans la couronne des arbres, et parmi elles plusieurs esp\u00e8ces menac\u00e9es. De fait, 74 % des esp\u00e8ces de lichens, dont 29 esp\u00e8ces sur Liste rouge, colonisent plus souvent la couronne que le tronc des arbres (fig. 4). La diversit\u00e9 des esp\u00e8ces inventori\u00e9es sur les \u00e9rables des p\u00e2turages \u00e0 sycomores \u00e9tudi\u00e9s est nettement sup\u00e9rieure \u00e0 celle constat\u00e9e sur les arbres forestiers dans d\u2019autres r\u00e9gions d\u2019Europe. On a par exemple trouv\u00e9, en moyenne, pas plus de 6 esp\u00e8ces de mousses et 11 de lichens par arbre sur les h\u00eatres (<em>Fagus sylvatica<\/em>), les \u00e9pic\u00e9as (<em>Picea abies<\/em>) et les pins sylvestres (<em>Pinus sylvestris<\/em>) des for\u00eats allemandes (Boch et al., 2013). La connectivit\u00e9 est aussi un facteur important pour la biodiversit\u00e9, en plus de l\u2019\u00e2ge de l\u2019arbre (un sp\u00e9cimen \u00e2g\u00e9 pr\u00e9sentant une plus grande diversit\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces). Ainsi, les arbres les plus isol\u00e9s sont aussi ceux sur lesquels a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9 le\u00a0moins grand nombre d\u2019esp\u00e8ces de lichens. La connectivit\u00e9 n\u2019a en revanche presque pas d\u2019effet sur le nombre d\u2019esp\u00e8ces de mousses. La Taylorie de Rudolphi (<em>Tayloria rudolphiana<\/em>; fig. 5), une esp\u00e8ce menac\u00e9e et prioritaire pour la protection de la nature, qui pousse presque exclusivement sur les \u00e9rables des p\u00e2turages \u00e0 sycomores, est l\u2019exception qui confirme la r\u00e8gle puisqu\u2019elle r\u00e9agit tr\u00e8s n\u00e9gativement \u00e0 une faible connectivit\u00e9: moins il y a d\u2019arbres dans un p\u00e9rim\u00e8tre de 50 m et plus faible est la probabilit\u00e9 de trouver laTaylorie de Rudolphi sur l\u2019arbre examin\u00e9.<\/p>\n<p>La v\u00e9g\u00e9tation au sol des p\u00e2turages \u00e0 sycomores est \u00e9galement tr\u00e8s riche en esp\u00e8ces. Les lichens n\u2019ont ici qu\u2019une faible importance. Quelque 346 esp\u00e8ces de plantes vasculaires et 278 esp\u00e8ces de mousses ont ainsi \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9es sur 48 surfaces d\u2019\u00e9tude de 30 m2, soit en moyenne 39,5 esp\u00e8ces de plantes vasculaires et 27 esp\u00e8ces de mousses par surface d\u2019\u00e9tude. Il appara\u00eet donc que les arbres influencent fortement la biodiversit\u00e9 des p\u00e2turages en augmentant l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e0 petite \u00e9chelle, cr\u00e9ant ainsi une mosa\u00efque de niches pour des esp\u00e8ces diversifi\u00e9es.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1231\" aria-describedby=\"caption-attachment-1231\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1231\" src=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker-300x225.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker-768x576.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker-24x18.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker-36x27.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb3_JEcker-48x36.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1231\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3: Harnach\u00e9 et bien assur\u00e9 dans la couronne d\u2019un \u00e9rable sycomore, la<br \/>collecte de mousses et de lichens peut commencer (photo: Julia Ecker).<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1232\" aria-describedby=\"caption-attachment-1232\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1232\" src=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger-300x225.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger-768x576.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger-24x18.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger-36x27.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb4_CScheidegger-48x36.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1232\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4: L\u2019Usn\u00e9e floride <em>(Usnea florida<\/em>) est une esp\u00e8ce typique de la couronne des<br \/>arbres qui est malheureusement en danger (photo: Christoph Scheidegger).<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Conclusions<\/strong><br \/>\nLes p\u00e2turages bois\u00e9s \u00e0 \u00e9rables sycomores sont une forme de paysage rural alpestre qui s\u2019est perp\u00e9tu\u00e9e \u00e0 travers les si\u00e8cles. Les vieux sycomores ponctuent le paysage et lui conf\u00e8rent un attrait particulier. Mais les p\u00e2turages \u00e0 sycomores sont aussi un habitat pr\u00e9cieux pour une multitude d\u2019organismes, parmi lesquels figurent de nombreuses esp\u00e8ces rares et menac\u00e9es. Compar\u00e9 \u00e0 d\u2019autres formes de culture traditionnelles comme les prairies \u00e0 liti\u00e8re, les prairies s\u00e8ches ou les vergers, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent les p\u00e2turages \u00e0 sycomores n\u2019ont gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 dans le viseur de la protection de la nature. Aujourd\u2019hui, les p\u00e2turages \u00e0 sycomores sont un type de paysage de plus en plus rare et menac\u00e9. On n\u2019y trouve pratiquement pas de jeunes arbres, les vieux sp\u00e9cimens n\u2019\u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement pas remplac\u00e9s lorsqu\u2019ils meurent. Il est donc important que la valeur de cet habitat soit reconnue et que des projets de conservation concrets soient lanc\u00e9s \u00e0 cet effet. La perception globalement positive des p\u00e2turages \u00e0 sycomores par la population constitue une base importante pour le succ\u00e8s futur de tels projets.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1233\" aria-describedby=\"caption-attachment-1233\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1233\" src=\"http:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher-300x260.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher-300x260.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher-768x665.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher-1024x887.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher-24x21.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher-36x31.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher-48x42.jpg 48w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Abb5_TKiebacher.jpg 1803w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1233\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5: Les p\u00e2turages \u00e0 sycomores sont le seul habitat de la tr\u00e8s rare Taylorie<br \/>de Rudolphi (<em>Tayloria rudolphiana<\/em>), qui a en outre besoin d\u2019une tr\u00e8s bonne<br \/>connectivit\u00e9 des \u00e9rables sycomores h\u00f4tes (photo: Thomas Kiebacher).<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Auteurs<\/strong><br \/>\nTHOMAS KIEBACHER<br \/>\nCentre national de donn\u00e9es et d\u2019informations sur<br \/>\nles mousses de Suisse (Swissbryophytes),<br \/>\nInstitut de botanique syst\u00e9matique et \u00e9volutive,<br \/>\nUniversit\u00e9 de Zurich, Zollikerstrasse 107,<br \/>\n8008 Zurich<br \/>\ncourriel thomas.kiebacher@uzh.ch \/<br \/>\nInstitut f\u00e9d\u00e9ral de recherches WSL,<br \/>\nUR Biodiversit\u00e9 et \u00e9cologie de la conservation,<br \/>\nZ\u00fcrcherstrasse 111, 8903 Birmensdorf<\/p>\n<p>CHRISTOPH SCHEIDEGGER<br \/>\nInstitut f\u00e9d\u00e9ral de recherches WSL,<br \/>\nUR Biodiversit\u00e9 et \u00e9cologie de la conservation,<br \/>\nZ\u00fcrcherstrasse 111, 8903 Birmensdorf<br \/>\ncourriel christoph.scheidegger@wsl.ch<\/p>\n<p>MATTHIAS B\u00dcRGI<br \/>\nInstitut f\u00e9d\u00e9ral de recherches WSL,<br \/>\nUR Dynamique du paysage, Z\u00fcrcherstrasse 111,<br \/>\n8903 Birmensdorf<br \/>\ncourriel matthias.buergi@wsl.ch<\/p>\n<p>ARIEL BERGAMINI<br \/>\nInstitut f\u00e9d\u00e9ral de recherches WSL,<br \/>\nUR Biodiversit\u00e9 et \u00e9cologie de la conservation,<br \/>\nZ\u00fcrcherstrasse 111, 8903 Birmensdorf<br \/>\ncourriel ariel.bergamini@wsl.ch<\/p>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><br \/>\nBaur P., M\u00fcller P., Herzog, F. Alpweiden im Wandel. Recherche<br \/>\nagronomique suisse 14\/2007: pp. 254-259.<\/p>\n<p>Boch S., M\u00fcller J., Prat D., Fischer M. Up in the tree &#8211;<br \/>\nThe overlooked richness of bryophytes and lichens<br \/>\nin tree crowns. PLoS One 8, 12\/2013: pp. 1\u20138.<br \/>\ndoi:10.1371\/journal.pone.0084913<\/p>\n<p>Ewald K.C., Klaus G. Die ausgewechselte Landschaft.<br \/>\nHaupt, Berne. 2009.<\/p>\n<p>Kiebacher T., Bergamini A., Scheidegger C., B\u00fcrgi M.<br \/>\nBergahornweiden im Alpenraum. Kulturgeschichte,<br \/>\nBiodiversit\u00e4t und Rudolphis Trompetenmoos. Bristol-<br \/>\nStiftung\/Haupt, Berne. 2018.<\/p>\n<p>Kiebacher T., Hofmann H. Bergahornweg Schwarzwaldalp<br \/>\n&#8211; Rosenlaui. UNESCO-Welterbe Schweizer<br \/>\nAlpen Jungfrau-Aletsch, Naters. 2015.<\/p>\n<p>Schnyder N., Bergamini A., Hofmann H., M\u00fcller N.,<br \/>\nSchubiger-Bossard C., Urmi E. Liste Rouge des<br \/>\nBryophytes menac\u00e9es en Suisse. S\u00e9rie OFEFP:<br \/>\nL\u2019environnement pratique. OFEFP\/FUB\/NISM,<br \/>\nBerne. 2004.<\/p>\n<p>Scheidegger C., Clerc P., Dietrich M., Frei M., Groner<br \/>\nU., Keller C., Roth I., Stofer S., Vust M. Liste Rouge<br \/>\ndes esp\u00e8ces menac\u00e9es en Suisse: Lichens \u00e9piphytes<br \/>\net terricoles. S\u00e9rie OFEFP: L\u2019environnement<br \/>\npratique. OFEFP\/WSL\/CJBG, Berne. 2002.<\/p>\n<p>Sonntag H., Straubinger F. Gro\u00dfer Ahornboden: Eine<br \/>\nLandschaft erz\u00e4hlt ihre Geschichte. Berenkamp,<br \/>\nWattens. 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les p\u00e2turages bois\u00e9s \u00e0 \u00e9rables sycomores\u00a0sont une forme de paysage rural\u00a0alpestre \u00e0 laquelle la protection de la\u00a0nature et du paysage n\u2019a encore gu\u00e8re pr\u00eat\u00e9 attention. De fait, leur surface diminue\u00a0comme peau de chagrin. Les sycomores\u00a0en question, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement\u00a0de vieux arbres majestueux,\u00a0abritent une grande vari\u00e9t\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces\u00a0de mousses et de lichens parmi lesquelles\u00a0figurent de nombreuses esp\u00e8ces\u00a0menac\u00e9es. &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1228","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-allgemein"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1228","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1228"}],"version-history":[{"count":25,"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1228\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1260,"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1228\/revisions\/1260"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1228"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1228"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1228"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}