{"id":2014,"date":"2020-03-13T15:30:19","date_gmt":"2020-03-13T14:30:19","guid":{"rendered":"https:\/\/kbnl.ch\/?p=2014"},"modified":"2022-02-28T11:36:10","modified_gmt":"2022-02-28T10:36:10","slug":"diversitaet-und-verbreitung-der-flohkrebse-der-schweiz-erstmalige-grundlagen-fuer-den-gewaesser-und-artenschutz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kbnl.ch\/fr\/2020\/03\/13\/diversitaet-und-verbreitung-der-flohkrebse-der-schweiz-erstmalige-grundlagen-fuer-den-gewaesser-und-artenschutz\/","title":{"rendered":"Diversit\u00e9 et r\u00e9partition des amphipodes en Suisse: premi\u00e8res bases pour la conservation des eaux et des esp\u00e8ces"},"content":{"rendered":"<p>Roman Alther &amp; Florian Altermatt<\/p>\n<p><strong>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les populations et la diversit\u00e9 des amphipodes de Suisse n\u2019ont gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es, ni document\u00e9es, ce qui n\u2019\u00e9tait pas sans poser de probl\u00e8mes pour la recherche appliqu\u00e9e, la protection efficace des cours d\u2019eau et la pertinence des observations de longue dur\u00e9e. Un ouvrage r\u00e9cent donne pour la premi\u00e8re fois un aper\u00e7u complet de ces crustac\u00e9s dont l\u2019importance \u00e9cologique n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, cinq nouvelles esp\u00e8ces d\u2019amphipodes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites, dont certaines sont end\u00e9miques de la Suisse.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Des \u00eatres importants pour nos cours d\u2019eau<\/strong><\/p>\n<p>Les amphipodes (<em>Amphipoda<\/em>) figurent parmi les invert\u00e9br\u00e9s les plus communs dans les cours d\u2019eau et les lacs de Suisse (fig.\u00a01). Ils sont omnipr\u00e9sents, et en grand nombre, dans les rivi\u00e8res proches de l\u2019\u00e9tat naturel. Leur taille moyenne va de 2 \u00e0 40\u00a0millim\u00e8tres et, avec leur corps recourb\u00e9, on les prendrait facilement pour des crevettes. Ils vivent la plupart du temps cach\u00e9s dans la liti\u00e8re feuillue ou sous les pierres et se d\u00e9placent sur leur flanc au fond des cours d\u2019eau.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2017\" aria-describedby=\"caption-attachment-2017\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2017 size-medium\" src=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1-300x200.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1-768x512.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1-24x16.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1-36x24.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1-48x32.jpg 48w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb1.jpg 1257w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2017\" class=\"wp-caption-text\"><em>Fig.\u00a01: Le gammare des ruisseaux<\/em> (Gammarus fossarum<em> s.l.), habitant typique des petits cours d\u2019eau (photo: F. Altermatt)<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les amphipodes sont souvent indispensables au bon fonctionnement des cours d\u2019eau. En r\u00e9duisant la mati\u00e8re organique qui s\u2019y trouve sous forme de feuillage tomb\u00e9 des arbres ou de biofilm coll\u00e9 aux pierres et aux algues, ils contribuent \u00e0 rendre ces nutriments accessibles \u00e0 d\u2019autres organismes et en consomment eux-m\u00eames une grande partie, avant de servir \u00e0 leur tour de nourriture \u00e0 des organismes de plus grande taille, comme les poissons. Mais ils sont tr\u00e8s sensibles aux atteintes et \u00e0 la pollution des eaux, par exemple \u00e0 cause des pesticides. C\u2019est pourquoi on les utilise comme esp\u00e8ces indicatrices de la qualit\u00e9 des eaux en \u00e9cologie des eaux et en \u00e9cotoxicologie. Au vu de leur importance pour les \u00e9cosyst\u00e8mes aquatiques, on peut donc s\u2019\u00e9tonner que l\u2019on connaisse encore aussi mal la diversit\u00e9 et les populations des amphipodes de Suisse (Altermatt et al. 2014).<\/p>\n<p><strong>Nouvel ouvrage sur les amphipodes de Suisse<\/strong><\/p>\n<p>Le projet Amphipod.ch, men\u00e9 conjointement par l\u2019Eawag et l\u2019Universit\u00e9 de Zurich, \u00e9tudie depuis 2014 la diversit\u00e9 et la r\u00e9partition des amphipodes de Suisse. Les chercheurs ont pu d\u00e9terminer et examiner plus de 200\u00a0000 individus provenant de 2238\u00a0sites et ils ont publi\u00e9 les r\u00e9sultats de leurs travaux dans une monographie tr\u00e8s compl\u00e8te parue en automne 2019 (Altermatt et al.\u00a02019). Publi\u00e9 dans la s\u00e9rie <em>Fauna Helvetica<\/em>, cet ouvrage contient une cl\u00e9 de d\u00e9termination richement illustr\u00e9e, des monographies des esp\u00e8ce avec des informations \u00e9cologiques et faunistiques, ainsi que des cartes de distribution pour toutes les esp\u00e8ces d\u2019amphipodes de Suisse. Il pr\u00e9sente pour la premi\u00e8re fois des bases largement consolid\u00e9es qui permettront d\u2019utiliser les amphipodes dans les analyses sur la biodiversit\u00e9 et dans la protection des eaux, ainsi qu\u2019en \u00e9cologie des cours d\u2019eau et en \u00e9cotoxicologie.<\/p>\n<p><strong>Tellement communs et si mal connus<\/strong><\/p>\n<p>Quarante esp\u00e8ces d\u2019amphipodes vivent en Suisse, dont 27 sont indig\u00e8nes et 13 ne le sont pas. Les amphipodes ont colonis\u00e9 toutes les r\u00e9gions du pays, et plus particuli\u00e8rement les plaines du Plateau, le Jura et le Tessin, bien que l\u2019on trouve aussi quelques populations dans les Alpes, jusqu\u2019\u00e0 une altitude de plus de 2500\u00a0m\u00e8tres (fig.\u00a02).\u00a0Ces organismes ne vivent pas uniquement dans les eaux de surface et l\u2019on en trouve aussi dans les cours d\u2019eau souterrains, notamment dans les grottes, ainsi que dans les sources et les eaux souterraines dans la plus grande partie de la Suisse. Les conditions environnementales locales jouent un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant pour l\u2019implantation de certaines esp\u00e8ces, en plus des facteurs biog\u00e9ographiques. Par ailleurs, seules quelques esp\u00e8ces ont une vaste aire de r\u00e9partition et les grands lacs pr\u00e9sentent naturellement une plus grande diversit\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces que les cours d\u2019eau.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2018\" aria-describedby=\"caption-attachment-2018\" style=\"width: 358px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2018 \" src=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-300x212.jpg\" alt=\"\" width=\"358\" height=\"253\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-300x212.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-1024x723.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-768x542.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-1536x1084.jpg 1536w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-24x17.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-36x25.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2-48x34.jpg 48w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb2.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 358px) 100vw, 358px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2018\" class=\"wp-caption-text\"><em>Fig.\u00a02: Sites d\u2019observation d\u2019amphipodes en Suisse. La plupart des \u00e9chantillons proviennent de sites de basse altitude (source: Altermatt et al.\u00a02019).<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les esp\u00e8ces d\u2019amphipodes les plus courantes en Suisse sont <em>Gammarus fossarum<\/em>\u00a0s.\u00a0l. et <em>Gammarus pulex<\/em>. Leur aire de r\u00e9partition est vaste et ils sont souvent les seuls repr\u00e9sentants de leur ordre dans les ruisseaux et les petites rivi\u00e8res. <em>Echinogammarus stammeri<\/em> occupe la m\u00eame place au Tessin que <em>Gammarus fossarum<\/em>\u00a0s.\u00a0l. dans le reste de la Suisse. L\u2019Arc jurassien, notamment le bassin versant de l\u2019Areuse, ainsi que le pourtour du lac des Quatre-Cantons abritent quelques esp\u00e8ces sp\u00e9cifiques, dont certaines sont tr\u00e8s locales et doivent donc \u00eatre prot\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<p>Les amphipodes vivant sous terre appartiennent presque exclusivement au genre <em>Niphargus<\/em> et la forte fragmentation de leurs habitats se traduit fr\u00e9quemment par une r\u00e9partition tr\u00e8s locale des esp\u00e8ces. Leur aire de r\u00e9partition principale comprend les r\u00e9gions karstiques de Suisse centrale, des Alpes et du Jura. De nouvelles recherches tendent toutefois \u00e0 montrer que la r\u00e9partition et la diversit\u00e9 des amphipodes souterrains sont encore largement sous-estim\u00e9es pour le Plateau. De nombreuses nappes souterraines pourraient en effet constituer un habitat pour ces esp\u00e8ces et un projet de recherche a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 pour y voir plus clair.<\/p>\n<p><strong>De nouveaux noms<\/strong><\/p>\n<p>En collaboration avec l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement (OFEV) et divers programmes de suivi cantonaux (comme le Monitoring de la biodiversit\u00e9 en Suisse \u2013 MBD, ou l\u2019Observation nationale de la qualit\u00e9 des eaux de surface \u2013 NAWA), des donn\u00e9es de base sur les populations d\u2019amphipodes ont pu \u00eatre r\u00e9colt\u00e9es relativement vite pour les eaux de surface. La situation est tr\u00e8s diff\u00e9rente pour les esp\u00e8ces souterraines, les donn\u00e9es disponibles \u00e9tant plut\u00f4t rares. Dans la mesure o\u00f9 les eaux souterraines fournissent 80\u00a0% de l\u2019eau potable consomm\u00e9e en Suisse, la connaissance de ce milieu rev\u00eat une importance capitale. \u00c0 cette fin, un projet de \u00abscience participative\u00bb a \u00e9t\u00e9 mis en place avec des sp\u00e9l\u00e9ologues, qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9quip\u00e9s d\u2019\u00e9puisettes, de brucelles et d\u2019\u00e9prouvettes pour effectuer des pr\u00e9l\u00e8vements (fig.\u00a03). En tr\u00e8s peu de temps, l\u2019\u00e9quipe de projet a re\u00e7u plus de cent \u00e9chantillons provenant de milieux souterrains. Cette collaboration a alors \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue aux fournisseurs d\u2019eau potable afin qu\u2019ils pr\u00e9l\u00e8vent des \u00e9chantillons dans les chambres de captage.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2019\" aria-describedby=\"caption-attachment-2019\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2019 size-medium\" src=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-300x200.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-768x512.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-24x16.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-36x24.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3-48x32.jpg 48w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb3.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2019\" class=\"wp-caption-text\"><em>Fig.\u00a03: Mat\u00e9riel de pr\u00e9l\u00e8vement fourni aux sp\u00e9l\u00e9ologues. Il s\u2019agit maintenant d\u2019\u00e9tendre cette approche aux chambres de captage d\u2019eau potable (photo: R.\u00a0Alther).<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Ces \u00e9chantillons ont permis de d\u00e9terminer scientifiquement cinq esp\u00e8ces d\u2019amphipodes encore inconnues provenant de l\u2019Oberland bernois, du Nord-Ouest de la Suisse et de Suisse centrale. Elles ont pu \u00eatre d\u00e9crites comme des esp\u00e8ces \u00e0 part enti\u00e8re \u00e0 raison de leurs caract\u00e9ristiques morphologiques et g\u00e9n\u00e9tiques. Cela se refl\u00e8tent en partie dans les noms qui leur ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s puisque trois d\u2019entre elles portent le nom des cavernes o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es (<em>Niphargus muotae<\/em>, <em>Niphargus murimali<\/em>, <em>Niphargus styx; <\/em>Fi\u0161er et al. 2017). Les deux autres ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9es <em>Niphargus luchoffmanni<\/em> et <em>Niphargus tonywhitteni<\/em> (Fi\u0161er et al. 2018) en l\u2019honneur de deux environnementalistes, le Suisse Luc Hoffmann (1923\u00a0\u2013 2016; membre fondateur du WWF) et le Britannique Tony Whitten (1953\u00a0\u2013 2017; sp\u00e9cialiste des \u00e9cosyst\u00e8mes karstiques).<\/p>\n<p><strong>Des esp\u00e8ces end\u00e9miques et des envahisseurs<\/strong><\/p>\n<p>Mais ces nouvelles esp\u00e8ces souterraines sont potentiellement menac\u00e9es, car quatre d\u2019entre elles, toutes du genre <em>Niphargus<\/em> (<em>N. luchoffmanni<\/em>, <em>N. muotae<\/em>, <em>N. murimali<\/em>, <em>N. styx<\/em>; fig.\u00a04), n\u2019ont encore \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es qu\u2019en Suisse. Ce sont donc des esp\u00e8ces end\u00e9miques. Sur le plan \u00e9volutif et biog\u00e9ographique, il s\u2019agit probablement de reliques de l\u2019\u00e8re glaciaire qui se sont r\u00e9fugi\u00e9es sous terre ou ailleurs \u00e0 cette \u00e9poque et qui ont continu\u00e9 de s\u2019y reproduire jusqu\u2019\u00e0 nos jours. La Suisse porte de ce fait une grande responsabilit\u00e9 pour la conservation de cette biodiversit\u00e9 unique dans les eaux souterraines et les grottes. Ces milieux font partie int\u00e9grante de l\u2019infrastructure \u00e9cologique et les facteurs anthropiques comme le changement climatique ou la pollution des eaux souterraines par les pesticides repr\u00e9sentent une menace pour ces \u00e9cosyst\u00e8mes et les esp\u00e8ces fragiles qui les habitent. Mais pour pouvoir prot\u00e9ger cette diversit\u00e9, il faut disposer de donn\u00e9es fondamentales sur les populations et la r\u00e9partition des esp\u00e8ces.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2020\" aria-describedby=\"caption-attachment-2020\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2020 size-medium\" src=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-300x127.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"127\" srcset=\"https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-300x127.jpg 300w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-1024x434.jpg 1024w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-768x326.jpg 768w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-1536x651.jpg 1536w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-24x10.jpg 24w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-36x15.jpg 36w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4-48x20.jpg 48w, https:\/\/kbnl.ch\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Abb4.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2020\" class=\"wp-caption-text\"><em>Fig.\u00a04: Quatre esp\u00e8ces end\u00e9miques d\u2019amphipodes de Suisse. De gauche \u00e0 droite: <\/em>Niphargus murimali<em>, <\/em>N. luchoffmanni<em>, <\/em>N. styx<em> et <\/em>N. muotae<em> (croquis: C.\u00a0Fi\u0161er et R.\u00a0Alther).<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>La diversit\u00e9 des amphipodes est aussi menac\u00e9e dans les eaux de surface, car des esp\u00e8ces r\u00e9cemment arriv\u00e9es en Suisse colonisent rapidement le territoire et supplantent parfois les esp\u00e8ces indig\u00e8nes. L\u2019esp\u00e8ce <em>Dikerogammarus villosus<\/em>, que l\u2019on trouve d\u00e9sormais dans pratiquement tous les grands lacs de Suisse, est l\u2019exemple-type de ces esp\u00e8ces envahissantes qui franchissent les fronti\u00e8res des bassins versants continentaux ou passent d\u2019un continent \u00e0 l\u2019autre dans le sillage des d\u00e9placements humains. En Suisse, l\u2019impact de ces envahisseurs se manifeste surtout dans le Rhin sup\u00e9rieur ainsi que dans les voies d\u2019eau navigables de son bassin versant. Dans les plus petits cours d\u2019eau, on ne trouve en revanche presque que des amphipodes indig\u00e8nes. L\u2019\u00e9viction des esp\u00e8ces indig\u00e8nes peut d\u00e9boucher sur un appauvrissement de la diversit\u00e9, qui a elle-m\u00eame des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur le fonctionnement de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me.<\/p>\n<p><strong>Quo vadis Amphipoda?<\/strong><\/p>\n<p>Bien que l\u2019on dispose \u00e0 pr\u00e9sent, et pour la premi\u00e8re fois, d\u2019un aper\u00e7u complet des amphipodes de Suisse, les recherches men\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es montrent que de nouvelles d\u00e9couvertes sont loin d\u2019\u00eatre exclues. En ce moment, une cl\u00e9 de d\u00e9termination \u00e9lectronique est d\u00e9velopp\u00e9e en collaboration avec le Centre suisse de cartographie de la faune (CSCF) et elle sera publique. Un projet-pilote sur les amphipodes end\u00e9miques men\u00e9 dans le cadre du plan d\u2019action SBS (<em>Dem Wert des Wassers auf der Spur<\/em>) veut approfondir les connaissances sur ces esp\u00e8ces afin que l\u2019on dispose de meilleures bases pour les mesures de conservation de ces esp\u00e8ces. Le projet Amphipod.ch, soutenu par la division Esp\u00e8ces, \u00e9cosyst\u00e8mes, paysages de l\u2019OFEV, l\u2019Eawag et l\u2019Universit\u00e9 de Zurich, reste quant \u00e0 lui int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 toute information sur des observations d\u2019amphipodes et va s\u2019efforcer de poursuivre son travail de d\u00e9termination jusqu\u2019au niveau des esp\u00e8ces.<\/p>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p><em>Altermatt, F., R. Alther, C. Fi\u0161er, and V. \u0160vara. 2019. Amphipoda (Flohkrebse) der Schweiz. Fauna Helvetica 32. info fauna CSCF &amp; SEG, Neuch\u00e2tel.<\/em><\/p>\n<p><em>Altermatt, F., R. Alther, C. Fi\u0161er, J. Jokela, M. Konec, D. K\u00fcry, E. M\u00e4chler, P. Stucki, and A. M. Westram. 2014. Diversity and distribution of freshwater amphipod species in Switzerland (Crustacea: Amphipoda). PLOS ONE 9:e110328.<\/em><\/p>\n<p><em>Fi\u0161er, C., M. Konec, R. Alther, V. \u0160vara, and F. Altermatt. 2017. Taxonomic, phylogenetic and ecological diversity of Niphargus (Amphipoda: Crustacea) in the H\u00f6lloch cave system (Switzerland). Systematics and Biodiversity 15:218\u2013237.<\/em><\/p>\n<p><em>Fi\u0161er, C., R. Alther, V. Zak\u0161ek, \u0160. Borko, A. Fuchs, and F. Altermatt. 2018. Translating Niphargus barcodes from Switzerland into taxonomy with a description of two new species (Amphipoda, Niphargidae). ZooKeys 760:113\u2013141.<\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roman Alther &amp; Florian Altermatt Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les populations et la diversit\u00e9 des amphipodes de Suisse n\u2019ont gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es, ni document\u00e9es, ce qui n\u2019\u00e9tait pas sans poser de probl\u00e8mes pour la recherche appliqu\u00e9e, la protection efficace des cours d\u2019eau et la pertinence des observations de longue dur\u00e9e. 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